Quand on se lance en psychologue libéral, le choix du statut juridique est souvent la première question qui bloque. Pourtant, la réponse est plus simple qu'il n'y paraît. La grande majorité des psychologues qui démarrent choisissent la micro-entreprise — et c'est souvent le bon choix pour commencer.
Le numéro ADELI : obligatoire avant tout
Avant de choisir un statut, une chose est non négociable : le numéro ADELI. Le titre de psychologue est protégé par la loi du 25 juillet 1985. Pour l'utiliser légalement, vous devez être titulaire d'un Master en psychologie et enregistré auprès de l'Agence Régionale de Santé de votre département.
Ce numéro à 9 chiffres doit figurer sur toutes vos ordonnances et documents professionnels. Il est totalement indépendant de votre statut juridique — que vous soyez en micro-entreprise, en EI ou en société, l'obligation reste la même.
La micro-entreprise : le statut idéal pour démarrer
La micro-entreprise (ou auto-entrepreneur) est le statut choisi par la plupart des psychologues qui s'installent. Les raisons sont simples : création gratuite en ligne en quelques minutes, comptabilité réduite à un registre des recettes, et cotisations calculées uniquement sur ce que vous encaissez réellement.
Le taux de cotisation en libéral est de 23,2 % du chiffre d'affaires. Ce taux couvre la retraite de base et complémentaire (CIPAV), la prévoyance et la formation professionnelle. Si vous n'avez aucune consultation un mois donné, vous ne payez rien.
La limite à connaître : en micro-entreprise, aucune charge n'est déductible. Votre loyer de cabinet, votre supervision, vos formations — tout est absorbé sur votre résultat sans réduction fiscale. Si vos charges représentent plus de 34 % de votre CA, ce statut devient moins avantageux.
L'entreprise individuelle au régime réel : pour les charges importantes
L'EI au régime réel (BNC) permet de déduire toutes vos charges professionnelles : loyer ou quote-part de loyer du cabinet, téléphone professionnel, supervision individuelle ou en groupe, formations continues, assurance RC Pro, mutuelle Madelin.
En contrepartie, la gestion est plus complexe. Vous devez tenir une comptabilité sérieuse et travailler avec un expert-comptable. Les cotisations sociales sont calculées sur votre bénéfice net — et non plus sur votre CA brut. Ce statut devient intéressant à partir de 40 000 à 50 000 € de CA annuel, surtout si vous louez un cabinet et réalisez des supervisions régulières.
TVA : une exonération liée au titre de psychologue
Une idée reçue tenace veut que les honoraires de psychologue soient soumis à la TVA au-delà d'un certain seuil. C'est faux pour les actes de soin : au même titre que les médecins et les professions paramédicales réglementées, les psychologues autorisés à faire légalement usage du titre sont exonérés de TVA en vertu de l'article 261-4-1° du Code général des impôts, pour les actes de diagnostic et de traitement de troubles psychologiques.
Cette exonération est permanente : franchir 37 500 € de CA annuel ne vous rend pas redevable de la TVA sur vos consultations. Ce seuil est celui de la franchise en base (article 293 B), un régime différent qui vise les activités restant dans le champ de la TVA. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 261-4-1° du CGI ».
La frontière s'apprécie prestation par prestation : une intervention de conseil en entreprise, une formation facturée à un organisme ou une supervision ne sont pas des actes de soin et restent, elles, dans le champ de la TVA.
EURL et SASU : rarement utiles pour un psychologue seul
Les formes sociétaires ajoutent des coûts fixes significatifs (expert-comptable obligatoire, frais de dépôt des comptes, frais de création) sans avantage fiscal notable sous 80 000 € de CA. Elles peuvent se justifier si vous souhaitez vous associer avec un confrère ou embaucher un salarié — mais c'est une décision à prendre avec un comptable spécialisé en professions libérales.
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Questions fréquentes
Un psychologue libéral peut-il être auto-entrepreneur ?
Oui. La micro-entreprise est tout à fait compatible avec la psychologie libérale. C'est le statut le plus simple pour démarrer. Elle convient tant que le CA reste sous 37 500 € par an et que vos charges professionnelles ne dépassent pas 34 % de votre chiffre d'affaires.
Faut-il un numéro ADELI pour exercer en psychologue libéral ?
Oui, c'est obligatoire. Il s'obtient auprès de l'ARS de votre département sur présentation de votre Master en psychologie. Sans ce numéro, utiliser le titre de psychologue est une infraction pénale.
Un psychologue libéral doit-il facturer la TVA ?
Non, pour ses actes de soin. Les psychologues autorisés à faire légalement usage du titre sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI), au même titre que les médecins et les professions paramédicales réglementées, et quel que soit le chiffre d'affaires. Seules les prestations qui ne sont pas des actes de soin, comme du conseil en entreprise, restent dans le champ.
Quelle caisse de retraite pour un psychologue libéral ?
La CIPAV. En micro-entreprise, les cotisations sont incluses dans le taux global de 23,2 % du CA. En EI au régime réel, elles sont calculées sur le bénéfice net.
Quand passer de la micro-entreprise à l'EI réel ?
Quand vos charges professionnelles dépassent 34 % de votre CA — loyer de cabinet, supervision, formations. Ou quand votre CA dépasse 40 000 € de façon stable. Demandez une simulation à un expert-comptable spécialisé en BNC.