Peut-on exercer en ostéopathe auto-entrepreneur ? La réponse est oui — et c'est même le choix le plus fréquent parmi les ostéopathes qui s'installent pour la première fois. Mais la micro-entreprise n'est pas adaptée à toutes les situations, et certains pièges méritent d'être anticipés.
Ce que la micro-entreprise facilite vraiment
La micro-entreprise séduit par sa simplicité. Création gratuite sur le site de l'INPI, pas de bilan comptable à déposer, pas d'expert-comptable obligatoire. Vous tenez un registre de vos recettes, vous déclarez votre CA en ligne chaque mois ou trimestre, et vous payez vos cotisations au prorata de ce que vous avez encaissé.
Le taux de cotisation pour une activité libérale est de 23,2 % du CA. Ce taux couvre la retraite via la CIPAV, la prévoyance, la formation professionnelle et la CSG/CRDS. Si vous n'avez pas de patients un mois, vous ne payez rien. C'est particulièrement appréciable quand on débute et que l'agenda se remplit progressivement.
La micro-entreprise est aussi idéale pour tester l'exercice libéral en parallèle d'un emploi salarié — dans une clinique, un centre sportif ou un hôpital. Les cotisations sont entièrement proportionnelles à l'activité libérale, sans interaction avec votre salaire.
Le point faible : les charges non déductibles
C'est la limite principale que les ostéopathes découvrent souvent trop tard. En micro-entreprise, aucune charge professionnelle n'est déductible. Le régime applique un abattement forfaitaire de 34 % sur votre CA pour les activités libérales, et c'est tout.
En pratique, si vous louez un cabinet 400 € par mois, amortissez une table à 2 000 €, suivez des formations continues à 500 € par an et souscrivez une RC Pro à 300 € par an, vos charges annuelles réelles avoisinent 7 300 €. Sur un CA de 30 000 €, l'abattement forfaitaire de 34 % représente 10 200 € — vous êtes à l'aise. Mais sur un CA de 20 000 €, l'abattement tombe à 6 800 € — insuffisant pour couvrir vos charges réelles.
Dès que vos charges dépassent régulièrement 34 % de votre CA, un passage au régime réel BNC devient plus intéressant. Consultez notre guide sur le choix du statut pour un ostéopathe libéral pour comparer les options.
TVA : les actes d'ostéopathie sont exonérés
Les soins dispensés par un praticien autorisé à faire légalement usage du titre d'ostéopathe sont exonérés de TVA en vertu de l'article 261-4-1° du Code général des impôts. Cette exonération ne dépend ni du conventionnement, ni du remboursement par la Sécurité sociale : elle tient au titre professionnel, encadré par le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007.
Elle ne dépend pas non plus de votre chiffre d'affaires : même au-delà de 37 500 €, vous n'avez pas de TVA à facturer à vos patients. Vos notes d'honoraires portent la mention « TVA non applicable, article 261-4-1° du CGI » — et non la mention « article 293 B », qui désigne la franchise en base, un régime différent réservé aux activités qui restent dans le champ de la TVA.
Attention toutefois : l'exonération couvre les actes de soin. Une activité annexe — vente de produits, animation d'une formation facturée à un organisme — reste dans le champ de la TVA et relève, elle, de la franchise en base puis de la TVA au-delà du seuil.
Reçus mutuelles : validité en micro-entreprise
Une question fréquente des patients : les reçus émis par un ostéopathe en micro-entreprise sont-ils valables pour les mutuelles ? La réponse est oui, sans aucune restriction. Le statut juridique n'a aucune incidence sur la validité de vos notes d'honoraires.
Pour que le reçu soit accepté par les mutuelles, il doit comporter : votre nom et prénom, votre adresse professionnelle, votre numéro ADELI, votre numéro SIRET, la date de la séance, la nature de la prestation et le montant payé. Un logiciel de gestion génère ces documents automatiquement et conforme.
Vos reçus mutuelles générés en un clic
Notes d'honoraires conformes, envoi par email, suivi des paiements — Practly gère la facturation de votre cabinet d'ostéopathie. Hébergé en France, conforme RGPD. Essai gratuit sans carte bancaire.
Essayer gratuitement → 21 jours gratuits · sans carte bancaire · sans engagement
Questions fréquentes
Quel est le taux de cotisation d'un ostéopathe auto-entrepreneur ?
23,2 % du CA pour une activité libérale. Ce taux inclut la retraite CIPAV, la prévoyance, la formation professionnelle et la CSG/CRDS. Pas de CA = pas de cotisations.
Peut-on déduire le loyer de son cabinet en micro-entreprise ?
Non. L'abattement forfaitaire de 34 % remplace toute déduction de charges réelles. Si votre loyer, matériel et formations dépassent 34 % de votre CA, l'EI au régime réel BNC devient plus avantageux fiscalement.
Peut-on cumuler la micro-entreprise avec un emploi salarié ?
Oui. Beaucoup d'ostéopathes cumulent un poste salarié avec une activité libérale en micro-entreprise. Les revenus sont déclarés séparément, les cotisations retraite CIPAV sont calculées uniquement sur le CA libéral.
À partir de quand la micro-entreprise n'est-elle plus adaptée ?
Quand les charges réelles dépassent 34 % du CA, c'est-à-dire l'abattement forfaitaire de la micro-entreprise. À ce niveau, l'EI au régime réel BNC permet d'optimiser la fiscalité. Le seuil de TVA n'entre pas en jeu : les actes d'ostéopathie sont exonérés quel que soit le CA.
Les reçus mutuelles d'un ostéopathe auto-entrepreneur sont-ils valables ?
Oui, sans restriction. Le statut juridique n'a aucune incidence. Le reçu doit comporter : nom, adresse, numéro ADELI, numéro SIRET, date, nature de la prestation et montant payé.